Les Français seraient les plus dépressifs du monde
Les Français seraient-ils tous dépressifs, sachant que nous sommes le pays qui consomme le plus d'antidépresseur au monde
? Des médicaments qui ne sont pas toujours utilisés à bon escient.Les antidépresseurs sont des psychotropes. Ils agissent sur le cerveau et, comme leurs noms l'indiquent, ils traitent la dépression, une maladie qui touche l'humeur. La personne
dépressive souffre en effet d'une tristesse permanente, d'un sentiment d'abattement. Plus rien ne l'intéresse, elle se sent même parfois inutile. Ces substances vont donc agir au cœur de l'activité cérébrale qui régule ces émotions.
Normalement, pour que le cerveau puisse traiter les informations et donner des ordres, des messagers chimiques doivent passer d'un neurone à l'autre pour s'activer. Ces messagers sont appelés
neuromédiateurs. Parmi eux, on trouve la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine. Ils interviennent dans la régulation du sommeil, de l'agressivité, de la libido ainsi que celle de la
dépression.
Chez une personne dépressive, la zone du cerveau qui régule les émotions négatives, comme la tristesse, ne fonctionne pas correctement. Une
fois libéré par un neurone, le neuromédiateur, au lieu de se fixer sur le neurone suivant, est immédiatement capturé par un récepteur. Et le neuromédiateur n'est alors plus transmis aux autres
neurones. C'est toute l'activité neuronale de la zone qui baisse. Résultat : il n'y a plus de frein pour gérer les émotions négatives.
Le rôle de l'antidépresseur est donc de rétablir le frein qui a été levé. Il bloque le récepteur et empêche la capture du neuromédiateur. Le
neuromédiateur s'accumule dans la synapse, se fixe sur le neurone suivant et l'activité des neurones est rétablie.
Il y a différentes familles d'antidépresseurs. Les premiers ne sont apparus qu'à partir du XIXe siècle. Avant leur découverte, la dépression n'était pas considérée comme une maladie dont on pouvait guérir. Aujourd'hui, les
techniques d'imagerie médicale permettent d'étudier l'effet de chaque antidépresseur sur les différentes parties du cerveau, pour proposer un jour des traitements à la carte.
Les techniques d'imagerie cérébrale permettent de mieux cerner la dépression. Depuis la découverte de la fameuse pilule du bonheur (la fluoxétine, plus connu sous le nom de Prozac), les
psychiatres ont compris que la dépression ne pouvait être soigné par un seul traitement. Il n'y a pas une dépression mais plusieurs, chacune ayant
son propre circuit cérébral.
C'est peut être ce qui explique pourquoi un antidépresseur peut avoir un effet bénéfique sur certains malades dépressifs alors qu'il n'en aura aucun sur d'autres.
Sachez en effet que 20 % des patients sont résistant aux antidépresseurs. Ces malades se tournent alors vers d'autres
techniques.
Mais toutes ces méthodes - ainsi que les antidépresseurs - ne font que traiter un symptôme et non les causes de la dépression. Dés
l'arrêt des médicaments, les signes réapparaissent. Comprendre les raisons de la survenue d'une dépression est par conséquent indispensable dans le
processus de guérison. Une thérapie doit ainsi souvent être associée au traitement antidépresseur.
Rediffusion d'une note d'octobre 2007
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