Pour les timides qui rougissent
Rougir en public vous est insupportable et vous ne parvenez pas à contrôler cette manifestation intempestive ? Vous souffrez d'éreutophobie comme près de 10% de la population.
En quoi consiste l'éreutophobie
L'éreutophobie est un véritable symptôme d'anxiété sociale apparent. La peur de rougir en public devient
obsédante et prend des proportions handicapantes. Le visage, et quelquefois le torse et le tronc rougissent plus ou moins intensément selon le degré émotionnel de la
situation.
Le phénomène peut survenir très fréquemment: de 10 à 30 fois par jour! Un véritable calvaire pour les malades dont la souffrance est souvent mal reconnue et donc pas toujours prise en considération.
Un flagrant manque de confiance en soi
Cette phobie sociale touche plus souvent les filles que les garçons. Elle survient aux abords de l'adolescence lorsque le sujet prête trop attention au regard des
autres. Le rougissement est alors vécu comme une faiblesse terrible induisant un manque de caractère ou de virilité. L'éreutophobe suppose que tout le monde va interpréter cette forte rougeur négativement et va se moquer ou le
rejeter.
En règle générale, l'éreutophobie s'atténue à l'âge adulte sauf dans environ 8% des cas. Le rougissement survient en dehors de tout contrôle possible en état de stress: Quand le malade se trouve devant une situation inhabituelle ou qu'il doit prendre la parole devant une assemblée, donner des ordres, etc.
Un insupportable cercle vicieux
Le caractère obsédant de la peur est la caractéristique principale du trouble. L'éreutophobe devient hypervigilant car il essaie d'anticiper les
situations qui pourraient l'embarrasser. Malheureusement, le rougissement est imprévisible et il s'avère illusoire de lutter.
Au contraire, en voulant se contrôler, le malade augmente d'autant plus le niveau d'activation émotionnelle. Cette obsession participe donc elle-même au rougissement.
Les traitements
Pour les formes mineures de la maladie, la thérapie comportementale peut permettre de réapprendre une conduite adaptée à la vie sociale. Le yoga, les anxiolytiques et les antidépresseurs sont aussi
utilisés.
Si ces traitements échouent, le recours à la sympathectomie
est possible. Cet acte chirurgical consiste
à sectionner le nerf sympathique responsable de la dilatation excessive des vaisseaux sanguins du visage.
Cette opération peu risquée possède cependant plusieurs effets secondaires. La sudation compensatrice
en est le plus gênant; Le corps reporte sur sa moitié inférieure la sudation supprimée sur sa moitié supérieure par l'amputation du nerf sympathique.
La
sympathectomie est réellement efficace puisque 80 à 85% des patients sont guéris ou leur état très amélioré. Ils sont si soulagés de ne plus rougir que leur
réinsertion sociale est très rapide.
Rediffusion d'une note de juin 2009
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