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Le blog de Authentiqua

Une journée très importante, rien à changé ou si peu en 20 ans...

17 Mai 2009 , Rédigé par Authentiqua Publié dans #Actualites

Selon une opinion largement répandue dans les pays occidentaux, l’homosexualité serait aujourd’hui plus libre que jamais : partout présente et visible, dans la rue, dans les journaux, à la télévision, au cinéma, elle serait même tout à fait acceptée, ce dont témoignent apparemment, dans plusieurs pays, les récentes avancées législatives sur la reconnaissance des couples de même sexe. Certes, quelques ajustements demeurent nécessaires pour éradiquer les dernières discriminations, mais avec l’évolution des mentalités, ce ne serait en somme, selon certains, qu’une simple affaire de temps, le temps de faire aboutir un mouvement de fond lancé depuis plusieurs décennies déjà.

Pour l’observateur un peu plus attentif, la situation est globalement bien différente : et la situation est globalement bien différente : et à vrai dire, le XXe siècle a sans doute été une des périodes les plus violemment homophobes de l’Histoire : déportation dans les camps de concentration sous le régime nazi, goulag en Union soviétique, chantages et persécutions aux Etats-Unis à l’époque de McCarthy... Evidemment, tout cela peut sembler loin. Mais bien souvent, les conditions d’existence dans le monde d’aujourd’hui restent très défavorables.

L’homosexualité est partout discriminée ; dans quatre-vingts Etats au moins, les actes homosexuels sont condamnés par la loi (Algérie, Sénégal, Cameroun, Ethiopie, Liban, Jordanie, Arménie, Koweït, Porto Rico, Nicaragua, Bosnie...) ; dans plusieurs pays, cette condamnation peut aller au-delà de dix ans (Nigeria, Libye, Syrie, Inde, Malaisie, Cuba, Jamaïque...) ; parfois, la loi prévoit la détention à perpétuité (Guyana, Ouganda). Et dans une dizaine de nations, la peine de mort peut être effectivement appliquée (Afghanistan, Iran, Arabie Saoudite...). En Afrique, récemment, plusieurs présidents de la république ont brutalement réaffirmé leur volonté de lutter personnellement contre ce fléau selon eux " anti-africain ". Même dans d’autres pays où l’homosexualité ne relève pas du code pénal, les persécutions se multiplient. Au Brésil par exemple, les Escadrons de la mort et les skin heads sèment la terreur : 1960 meurtres homophobes ont pu être recensés officiellement entre 1980 et 2000. Dans ces conditions, il paraît difficile de penser que la " tolérance " gagne du terrain. Au contraire, dans la plupart de ces Etats, l’homophobie semble aujourd’hui plus violente qu’hier. La tendance n’est donc pas à l’amélioration générale, tant s’en faut.

C’est pourquoi nous proposons cette Journée Mondiale de Lutte Contre l’Homophobie. Elle a pour but d’articuler action et réflexion afin de lutter contre toutes les violences physiques, morales ou symboliques liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. Elle entend susciter, soutenir et coordonner toutes initiatives contribuant à l’égalité entre les citoyens en la matière, de jure, mais aussi de facto, et cela dans tous les pays où cette démarche sera possible.

L’organisation d’une journée de lutte contre l’homophobie dans chaque pays permettra d’inscrire nos luttes dans une démarche de solidarité avec toutes les personnes lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) du monde entier.
Mais il s’agit aussi d’inscrire nos luttes dans une démarche plus globale de défense des droits humains. Depuis plusieurs décennies, dans le monde entier, de nombreuses actions ont été menées dans cette perspective, non sans succès d’ailleurs.

Nous nous situons dans cette lignée : nous voulons renforcer les expériences engagées, donner plus de visibilité aux tentatives futures et nous en appelons aux instances nationales et internationales afin qu’elles inscrivent cette Journée dans l’agenda officiel, à l’instar de la Journée Mondiale des Femmes ou de la Journée Mondiale de Lutte contre le Sida.
La reconnaissance d’une telle Journée serait ainsi un engagement clair de la communauté internationale. Elle s’est mobilisée contre de nombreuses autres formes de discriminations et de violences sociales, mais pas encore sur ces sujets.



HIéRARCHISER les « races », hiérarchiser les sexualités, et exclure ce qui ne nous ressemble pas : l'homophobie est-elle une forme de racisme ? Dominique, mère d'un fils homosexuel, est persuadée de cela. « Les gens se sentent supérieurs, ils se croient en droit de condamner l'autre. » La loi française assimile les deux pratiques et les réprime. Votée par les députés, la loi du 8 décembre 2004 contre l'homophobie fait écho à celle, votée le 1er juillet 1972 contre les insultes à caractère racial, et les discriminations. Si la famille de Dominique a bien accepté la nouvelle de l'homosexualité de son fils, ce n'est pas le cas tout le temps. « Certains parents ont vraiment du mal avec la question de l'homosexualité. Dans le groupe de parole, Contact, auquel j'appartiens, nous avons eu le témoignage d'une jeune personne rejetée par ses parents. Je crois que c'est le pire qui puisse arriver. Ils ont coupé les ponts. L'homophobie s'immisce dans les famille et déchire des liens essentiels. »
Dominique a connu l'association Contact par le bouche à oreille. Le groupement, animé par des parents, s'est donné pour but principal d'aider les familles à comprendre et à accepter l'homosexualité des leurs. « Par le dialogue, j'ai réussi à me déculpabiliser, à comprendre que j'avais éduqué mon fils convenablement. Certains parents prennent cela comme un échec personnel. »
Contact s'est rapproché de l'association Cigales ce mois-ci. Elles se mobilisent ensemble aujourd'hui. Le but : informer et communiquer sur l'homosexualité. « Il y a eu un léger mieux depuis quelques années, l'homophobie se fait plus discrète », remarque Dominique, avec l'espoir secret que les mentalités continuent à évoluer. Les associations font un travail de pédagogie dans ce sens. Elles sont de plus en plus sollicitées dans les grandes villes. Cela montre que l'homosexualité est moins taboue et certainement mieux prise en compte au quotidien.
Aujourd'hui, Dominique n'a plus de questions à propos de son fils, donc elle dispense à son tour de précieux conseils à ceux qui viennent aux réunions : « C'était à mon tour de soutenir les autres. » En somme, on ne parle plus tant homosexualité mais solidarité, et lutter contre l'homophobie signifie avant tout lutter pour l'intégration de chacun.
L'Europe contre les discriminations
L'Union européenne est intransigeante sur cette question et n'accepte à l'adhésion que les pays qui respectent l'homosexualité. Certains pays d'Europe reconnaissent le mariage, comme l'Espagne, l'union civile, comme la France ou le concubinage homosexuel. La Convention des droits de l'homme de 1953 se fait garante du droit à l'égalité dans l'article 14. Le Protocole 12 (2005) le renforce. Le texte prévoit que « la jouissance de tout droit prévu par la loi doit être assurée, sans discrimination aucune ».
Parmi les inégalités les plus criantes, celles de la vie professionnelle semblent les plus prégnante. « Mon fils doit s'affirmer deux fois plus que les autres, je crois que pour lui l'environnement professionnel est le plus dur. Au début, on ne lui faisait pas confiance sur ses capacités à tenir des responsabilités. Il a fallu qu'il s'investisse deux fois plus pour s'intégrer et évoluer au sein de son métier. »
L'homophobie limite les carrières. Elle peut parfois motiver les victimes à réussir plus vite.
Un proche de Dominique lui a dit encore récemment : « J'ai été sauvé par mon emploi ! Il m'a permis d'avoir un vrai statut dans la société. Les homosexuels ont intérêt à travailler beaucoup pour acquérir la position la plus élevée possible et faire leurs preuves aux yeux des autres. »
Marion CHEVASSUS




En France, personne ne se dit homphobe et pourtant que dire

- des parents qui coupent les liens avec leur fils est homosexuel, il n'aura jamais d'enfant (et surtout eux ne seront pas grand-parents) et que vont dire les voisins, les amis , la famille...

- des médecins qui affirment à un(e) homo "que l'homosexualité n''est pas une vie sexeulle, que le (e), qu'il doit se marier et avoir des enfants, que c'est grand temps à 25 ou 35 ans. Que s'il essaie une sexualité hétéro, il ne pourra plus s'en passer et personne ne se moquera plus de lui ..."

:(





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