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Le blog de Authentiqua

Ne fermons plus les yeux sur l'inhumanité en France.....

18 Décembre 2009 , Rédigé par Authentiqua Publié dans #Actualites

Manque de respect, maltraitance voire "euthanasie économique", selon certains acteurs du secteur, l'hospitalisation et l'hébergement des personnes âgées sont l'objet de fortes critiques, parfois jugées "excessives" par les établissements concernés. Dans un livre coup de poing - "On tue les vieux" (Fayard) - Christophe Fernandez, président de l'Association française de protection et d'assistance aux personnes âgées (Afpap), et le Pr Jacques Soubeyrand, chef de médecine interne et gériatrie, dénoncent les multiples dysfonctionnements de la prise en charge des personnes âgées.

 

Pour le ministre Philippe Bas, l'ouvrage comporte "beaucoup d'excès". Pour autant, M. Bas a annoncé à l'AFP qu'il allait "dans les prochaines semaines sortir une instruction générale aux services déconcentrés des affaires sanitaires et sociales pour densifier les contrôles" et "aggraver les sanctions en cas de phénomène de maltraitance" dans les établissements.

 

Près de 610.000 personnes âgées sont aujourd'hui en maisons de retraite, dont 390.000 médicalisées. Ce chiffre va doubler dans les quinze ans, rappelle l'Afpap, qui a recueilli en 2005 "6.000 appels signalant maltraitances et dysfonctionnements".

 

Patients attendant sur des brancards dans les couloirs des urgences, "mauvaise orientation" dans les soins, "abandons thérapeutiques" sans informer la famille, les personnes âgées sont souvent les laissés-pour-compte des hôpitaux, selon ces témoignages.

 

"Les services sur-spécialisés ont du mal à prendre en charge les personnes âgées, qui souffrent de plusieurs pathologies", convient Rose-Marie Van Lerberghe, qui vient de quitter la direction de l'AP-HP (Hôpitaux de Paris) pour celle d'un groupe privé de maisons de retraite.

 

Au-delà des soins, les conditions de vie trop souvent imposées aux personnes âgées sont jugées insupportables.

 

"La douche tous les quinze jours, la toilette mal faite, les appareils mal placés dans les oreilles, la personne qui sonne et attend une demi-heure pour aller aux toilettes, le gavage en dix minutes, tout cela existe et est insupportable", déclare Joëlle Le Gall, qui a créé en 2003 la première fédération d'associations de familles, la Fnapaep.

 

Les familles restent trop "timides" pour intervenir, regrette-t-elle. "Ca arrache le coeur de mettre un parent en maison de retraite. Certaines familles se déculpabilisent en disant que tout va bien".

 

La parole des personnes âgées elles-mêmes est peu entendue, témoigne une étude de la Drees (ministère de la Santé). La honte, la douleur, le sentiment d'être infantilisé, sont des freins à la parole. "Je me déplais bien ici", a répondu à l'enquête, avec un lapsus révélateur, une femme de 82 ans en maison de retraite.

 

La situation décrite par l'ouvrage "On tue les vieux" est "excessive", jugent cependant les représentants des maisons de retraite, Pascal Champvert (Adehpa, public et privé) et Florence Arnaiz (Synerpa, privé), qui lui reprochent de "pratiquer l'amalgame".

 

Les abus existent, "dans 5% des établissemements", estime M. Champvert, mais "c'est aux pouvoirs publics de faire le ménage". "Quand les besoins en personnels sont couverts à 50%, forcément, il y a des problèmes", dit-il.

 

"Aujourd'hui, nous sommes engagés dans une démarche de qualité, si on veut que cela aille plus vite, il faut nous donner les moyens", renchérit Florence Arnaiz: "on annonce 5.000 places supplémentaires par an jusqu'en 2012, quand le Commissariat au Plan estime les besoins à 50.000 d'ici 2010 !".


Note de 2008 que je rediffuse car encore d'actuaité 

 

     
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