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Des malades bien informés
Face aux inconvénients des traitements, les déprimés sont de moins en moins pris
au dépourvu. Grâce à Internet, il suffit de saisir les mots « antidépresseurs » et « effets secondaires » sur le clavier de son ordinateur pour voir apparaître une foule de
sites et de forums consacrés à ces thèmes. « Je suis sous Zoloft depuis six mois et j’ai pris cinq kilos », se plaint Pierre. Sonia et Emmanuel lui répondent aussitôt que
son problème est fréquent et qu’il devrait demander à son médecin un changement de prescription. « Avec le Deroxat, j’ai des diarrhées, des pertes de mémoire, des vertiges,
est-ce normal ? » interroge Léa. « Moi aussi, j’ai eu ce genre de symptômes », confient d’autres internautes.
« L’écart entre le savoir des experts et celui du public ne cesse de diminuer », écrit Edouard Zarifian (in "Des
paradis plein la tête" Poches Odile Jacob, 2000), professeur de psychiatrie et de psychologie médicale au centre hospitalo-universitaire (CHU) de Caen, et spécialiste des
psychotropes. Se promener sur la Toile pour y parler de soi, de son malaise, est d’ailleurs en soi thérapeutique, car
cette démarche permet de sortir de l’isolement qu’engendrent la dépression et les angoisses.
Les risques de dépendance identifiés
En septembre 2004, la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) a publié une étude montrant que les
traitements antidépresseurs tendaient à durer plusieurs années, à devenir chroniques. Ce phénomène pose question puisque, à l’inverse des benzodiazépines (les
tranquillisants), les antidépresseurs sont réputés ne pas induire de dépendance. Les gens ne veulent pas renoncer à un produit avec lequel ils se
sentent souvent mieux que bien. Pour quelle raison abandonneraient-ils cet état de bien-être ? D’autant que de plus en plus de témoignages se font entendre selon lesquels il n’est pas exceptionnel de souffrir de symptômes
très gênants à l’arrêt du traitement (suées, tremblements, manifestation d’anxiété, etc.).
Anna, interviewée dans le livre de Guy Hugnet, essaie depuis dix ans. En vain : immédiatement, elle est prise de nausées, de maux de tête, de courants électriques qui lui
vrillent le crâne, lui interdisant toute vie normale… Selon le journaliste, 25 % des utilisateurs de Deroxat en pâtiraient, dont quelques-uns au point de se trouver dans
l’incapacité totale d’arrêter. Les cas dramatiques sont très minoritaires, mais ils existent. Et les antidépresseurs sont à n’utiliser qu’avec précaution !
Que penser alors des inconscients qui avalent du Prozac juste pour ne plus ressentir d’émotions perturbantes ou pour être plus performants
? « Si une personne se sent très nettement mieux avec ce traitement, c’est que son organisme en a besoin », assure Gérard Louvain.
En tout cas, « avant de prescrire un antidépresseur, il faut toujours se demander si les bénéfices seront plus
importants que les inconvénients, insiste Pierre K.
Cette règle devrait être incontournable !
Face à une personne dont l’existence est devenue trop difficile, le choix est relativement simple. Mais les états dépressifs, anxieux, ne se traitent pas comme des rhumes : il s’agit de soigner des personnes. D’où la nécessité de prendre le temps de dialoguer et d’écouter. Les patients doivent cesser
de croire que leur malaise intérieur est une simple affaire de chimie du cerveau, mais il serait bon d’abord que les praticiens en soient eux
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Un premier pas vers un travail personnel
En fait, les antidépresseurs sont d’abord des béquilles qui
aident l’individu à accomplir les efforts nécessaires pour se soigner en profondeur, expliquent les psychiatres et généralistes que nous avons
rencontrés.
Ils ne permettent pas à eux seuls de traiter le fond de l’état dépressif ou du trouble
anxieux.
Pour obtenir une guérison authentique, éviter les rechutes, un suivi psychothérapeutique se révèle généralement indispensable. Ce
n’est sans doute pas demain que la science inventera un médicament psychotrope capable de nous épargner un travail personnel.
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CHIFFRES CLEFS :
• 10 % des Français en consomment( près de deux fois plus de femmes que d’hommes)
• 13 % souffrent d’anxiété
• 40 millions de boîtes ont été vendues en 2002
Sources : Organisation mondiale de la santé (OMS) et Le Monde du 7/9 et du 12/11/2004.
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RECONNAITRE LA DEPRESSION :
Un épisode dépressif est défini par les critères suivants : tristesse anormale, diminution de la capacité à ressentir du plaisir, ralentissement physique et
intellectuel, fatigabilité accrue, insomnies au petit matin, mauvaise image de soi.
La dépression dite saisonnière (à l’entrée de l’hiver) se présente surtout comme une incapacité à agir, avec un besoin irrépressible de dormir et une
attirance pour les aliments sucrés.
A l’adolescence, elle se manifeste surtout sous la forme de conduites à risques : fugues, consommation de drogues et attirance pour le suicide.
Pendant la vieillesse, elle présente des points communs avec la maladie d’Alzheimer : confusions mentales, pertes de mémoire.
Source : Organisation mondiale de la santé (OMS).
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DE PLUS EN PLUS MAL...
Entre 1999 et 2003, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a interrogé 36 000 Français.
11 % avaient connu un épisode dépressif dans les deux semaines précédant l’enquête. Dans les études antérieures, ce taux était de 4,7 %.
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