Jour de l'anesthésie générale, j'ai peur, très peur même
A l'heure où vous lirez ma note je serai au bloc
opératoire.
Je repasse encore sur le "billard" pour la deuxième fois de
l'année. C'est le jour de ma coloscopie (perte de sang et glaires dans les selles). J'espère que je vais m'en tirer comme la première fois. Cette seconde anesthésie je la redoute moins que la
première, je crains moins la mort... mais cette peur de la mort est encore présente. J'ai survécu à la première alors pourquoi pas à la deuxième. En plus le gastro et l'hôpital,
ils ont l'habitude de pratiquer cet examen sous anesthésie générale, ils ont de la pratique ce qui n'était pas le cas pour l'hystéroscopie opératoire... Ils en avaient fait seulement une
depuis trois ans ce qui est peu et c'était pas le chir qui avait fait l'autre hystéro qui m'a opérée...
Autre différence importante avec l'hystéroscopie, j'étais certaine
d'avoir un polype alors que là c'est pas du tout le cas, seule la coloscopiepermet de voir si j'ai un polype ou autre chose d'anormal et de l'enlever si on me trouve un
polype.
Je crains qu'il me découvre aussi un polype et que comme le gynéco
il me perfore, le colon ou d'autres organes. La perforation est rare voire très rare et j'ai eu l'utérus de perforé même si c'est rare, c'est tombé sur moi...
Pour la coloscopie il y a je crois une mort sur 150 000
examens environ. Le risque n'est pas nul même dans un grand établissement.
J'espère que ça ne sera pas la même équipe, qu'ils seront plus
professionnels, je ne les avais pas vraiment appréciés, un médecin m'avait pas mal humiliée... L'équipe médicale avait apprécié ses remarques fielleuses. Comme si on n'avait déjà pas assez
de nos propres angoisses on nous maltraite, parfois, physiquement et psychologiquement au bloc ... avant de se faire anesthésier. Les brancardières aussi, deux
personnes sous tension, ont eu des gestes un peu brusques et, indignes de soignantes envers moi. Même le chir a eu le droit à un commentaire un peu déplacé lorsqu'elles l'ont vu. S'il
n'était pas sourd, il a pu entendre ce qu'elles disaient de lui... Je présume qu'elles ne faisaient par partie de ses patientes. Après cette expérience, j'ai pris conscience que les
mauvais traitements n 'étaient pas que réservés aux personnes très âgées, mais que ceux de l'hôpital étaient encore plus tabous, qu'on n'en parlait encore bien moins... Il faut
continuer à sacraliser les infirmières et les médecins, en France, alors qu'ils sont des hommes aussi tentés par le mal que n'importe qui et ils ont peut être plus la possibilité d'en
faire en travaillant avec des malades, des gens fragiles...
Mes notes sont programmées, souvent plusieurs jours à
l'avance . Si vers le 1er juin, vous ne lisez plus de note de moi c'est que j'aurais cessé de vivre, que je serais morte, je ne serais que du
néant...
Rediffusion d'une note du
12/05/2009
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