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Le blog de Authentiqua

Expérimentation médicale : pas mal de tricheurs

26 Juillet 2010 , Rédigé par Authentiqua Publié dans #Sante

Le phénomène n’est pas nouveau. Mais il s’accélère. En 1923, le prix Nobel de Physique, Robert Millikan, est pris en flagrant délit de trucage : pour déterminer la charge de l’électron, il avait fait le tri entre « bonnes » et « mauvaises » données. Depuis, tous les dix ans environ, éclate une affaire de ce type. Jusqu’en 2005... où en deux ans, ce sont pas moins de deux scandales qui défrayent la chronique scientifique. « Dans ce domaine, la fraude est plus un phénomène de dérapage, qu’une envie volontaire de tromper le monde de la recherche, explique Martine Bungener, directrice de la délégation à l’intégrité de l’INSERM. Le problème, c’est qu’il est très difficile de tricher, surtout dans le domaine de la biologie, et que le fraudeur finit toujours par être démasqué. » Car la mondialisation galopante a changé la donne. Aujourd’hui, une découverte n’est plus l’affaire d’une seule personne, mais de plusieurs équipes à travers le monde.

2006...

L’affaire Jon Sudbo : de l’aspirine contre le cancer
Dernière fraude en date : Jon Sudbo, un chercheur norvégien, admet avoir truqué une étude sur le cancer de la bouche en inventant des centaines de faux patients. Cette étude co-signée par treize collègues norvégiens et étrangers, est publiée en octobre 2005 dans la prestigieuse revue médicale « The Lancet ». Elle prétend que la consommation prolongée d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens, comme l’aspirine, diminue les risques de survenue de cancer de la bouche. Le pot aux roses : « Cette étude est une supercherie », s’indigne Camillia Stoltenberg, directrice de la division épidémiologique de l’institut norvégien de santé publique. Les observations sont inventées par l’auteur. Ainsi, les 250 personnes interrogées et étudiées avaient la même date de naissance !

L’affaire Visham Jit Gupta : des fossiles trop connus
John Talent, paléontologue australien achète en août 1986 des fossiles en provenance du Maroc dans une boutique parisienne. De retour à Sydney, il découvre dans des journaux scientifiques des articles sur des ammonoïdes provenant de l’Himalaya, et reconnaît celles qu’il vient d’acquérir. Le signataire de la publication : l’indien Viswa Jit Gupta. Gupta est un géologue réputé, doyen de la faculté des sciences de l’université du Pundjab, qui compte plus de 80 000 étudiants. Un homme influent, qui fournit aux paléontologues du monde entier des fossiles provenant de sites himalayens difficiles d’accès.
Le pot aux roses : Après expertise, John Talent s’aperçoit que les fossiles de Gupta proviennent de toutes les régions du monde sauf de l’Himalaya.
Sa méthode est toujours la même. Il achète des pierres en boutiques et valide ses trouvailles en sollicitant la collaboration d’éminents spécialistes du monde entier. En 25 ans, plus de 450 publications de Gupta dans des revues prestigieuses sont de pures fabrications.

1983...

L’affaire Breuning : des stimulants pour apaiser
Au début des années 80, alors que près de 40% des patients attardés mentaux et agressifs sont encore traités avec des neuroleptiques (des tranquillisants puissants aux effets secondaires mortels), le docteur Stephen Breuning lance une théorie révolutionnaire. Il faut traiter ces patients, non pas avec des tranquillisants, mais avec leur exact opposé, des stimulants. Il affirme que le ritalin ou la dexedrine sont plus efficaces, supprimant les symptômes de sevrage, et les effets secondaires.
Le pot aux roses : En septembre 1983, le psychologue Robert Sprague de l’université d’Illinois visite le laboratoire de Breuning et y découvre des résultats surprenants : 100% des centaines de patients testés ont répondu favorablement à ces nouveaux traitements. Effet quasiment improbable dans le milieu psychiatrique. Les chiffres de Breuning étaient bons. Trop bons. L’affaire éclate au grand jour : les résultats obtenus étaient une pure invention...

1971...

• L’affaire Cyril Burt : le QI héréditaire
Pour le psychologue Cyril Burt, l’intelligence est héréditaire et ne dépend ni de l’environnement ni de l’éducation.
Pour le prouver, il étudie dans les années 1920 des paires de vrais jumeaux élevés dans des familles séparées. Etude classique, mais difficile à réaliser, car les jumeaux séparés ne courent pas les rues ! Ces enquêtes tendent à confirmer l’importance de l’hérédité biologique dans la détermination des aptitudes mentales.
Le pot aux roses : Au début des années 70, Léon Kamin, professeur de psychologie à l’université de Princeton démolit les théories de Burt. Il prétend que son confrère a falsifié des données importantes, a inventé la plupart des témoins, et adapté les résultats à ses théories. L’accusation a de lourdes conséquences. Les idées de Burt ont largement influencé l’éducation en Grande-Bretagne. Sans oublier que certains psychologues ont utilisé ses conclusions pour accréditer des thèses racistes : les mauvais résultats de certaines minorités ethniques étaient inhérentes à la race car héréditaires !

1949...

• L’affaire Arthur Smith Woodward : l’ancêtre anglais
Le 18 décembre 1912, deux savants anglais, Arthur Smith Woodward et Charles Dawson, présentent devant l’Académie des Sciences un crâne humain dont la mâchoire ressemble à celle d’un singe. Pour eux, il n’y a aucun doute.
Ce crâne découvert à Piltdown au sud de l’Angleterre, est le chaînon manquant de l’évolution du singe à l’homme.
Le pot aux roses : Il faudra attendre 1949, un an après la mort de Woodward, pour découvrir l’énorme supercherie. Le docteur Kenneth Oakley, membre du British Museum, soumet les ossements de Piltdown à une datation au fluor, et s’aperçoit que le crâne est récent.
En y regardant de plus près, il remarque que les dents ont été artificiellement limées, et que la mâchoire appartient à un Orang-Outan ! En 1953, le British Museum finira par reconnaître que « le premier Anglais » est un faux. Quelqu’un a habilement mélangé la calotte d’un homme avec une mâchoire de singe, pour ensuite placer le tout sur les lieux de fouilles. Le mobile et l’auteur du crime sont restés à ce jour inconnu


 

 

 

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