La grippe porcine ou mexicaine doit elle inquiéter ?
Concrètement, cette phase 5 du plan d'action d'urgence, qui en compte 6, signifie «le prépositionnement sur l'ensemble du territoire national des stocks de masques et d'antiviraux au cas où ils seraient nécessaires», a précisé François Fillon. Entouré de Michèle Alliot-Marie (Intérieur) et de Roselyne Bachelot (Santé), il a expliqué que «tous les passagers des vols en provenance du Mexique vont bénéficier d'un suivi». «Une cellule opérationnelle de coordination» va être mise en place dans chaque département et «une campagne d'information nationale» lancée «dans les prochains jours». La décision du gouvernement correspondrait à «l'apparition d'un foyer épidémique en France», indique à l'AFP le directeur général de la santé, Didier Houssin.
5 cas «probables»
En France, cinq cas sont désormais qualifiés de «probables»* parmi 41 en cours d'examen jeudi, a annoncé Françoise Weber, la directrice de l'Institut de veille sanitaire. L'Ile-de-France comptablise à elle seule 26 des 41 cas suspects. Aucun cas de grippe mexicaine n'a été confirmé à ce stade. Les tests ont révélé qu'une de ces cinq personnes souffre de grippe de type A comme le H1N1, et qu'il ne s'agit pas du virus de la grippe saisonnière. Cela renforce la probabilité qu'il s'agissse de la grippe porcine. Deux autres sont moins avancés dans les tests et deux ont une probabilité renforcée par des contacts avec des personnes atteintes.
L'écolière du XVIIIe ne serait pas affectée par le virus
Emma B., une fillette de 9 ans, de retour lundi d'un voyageau Mexique, hospitalisée d'urgence mercredi après avoir été victime d'un malaise à son école,
dans le XVIIIe arrondissement, ne ferait pas partie des cinq cas probables. Les résultats définitifs des examens devraient être connus dans 48
heures. A l'ouverture de l'école jeudi, une équipe médicale de la ville de Paris a accueilli les enfants et les parents, qui n'avaient pas encore été informés. «Par précaution, dans l'attente des résultats des analyses, les parents des élèves scolarisés dans la même classe ont été invités à
garder leurs enfants chez eux», a indiqué le maire de Paris. L'Institut de veille sanitaire recherche, par ailleurs, les personnes qui auraient été en contact avec Emma. Les
parents d'élèves, eux, étaient partagés entre l'inquiétude et la colère d'avoir été informés tardivement.
Quant à l'étudiante française de 20 ans hospitalisée à la Pitié-Salpêtrière, «il faut rester prudent. Des analyses sont toujours en cours», indique le chef du service des maladies
infectieuses de l'hopital parisien. Le ministère de la Santé ne s'est pour l'instant pas prononcé.
Un stock de Tamiflu suffisant
Le Service de santé des armées a annoncé que la pharmacie centrale des armées se tenait prête à produire un antiviral, composé du principe actif du Tamiflu,
antiviral reconnu efficace contre le nouveau virus. La France dispose d'un stock suffisamment important pour répondre aux besoins des malades en cas
d'épidémie, souligne le directeur général de la santé, Didier Houssin, alors que Roche France, qui distribue en France le Tamiflu, a annoncé la suspension de ses livraisons aux pharmaciens et
grossistes. (33 miillions de boîte seulement ) «Nous ne sommes pas en rupture de stock. Il est de
notre responsabilité de réserver prioritairement nos stocks de Tamiflu aux hôpitaux et aux autorités de santé», a affirmé le laboratoire.
Pas de mesures spectaculaires de l'UE
Réunis au Luxembourg, les pays de l'Union européenne, «inquiets» face à une probable pandémie de grippe porcine, se sont engagés jeudi à coopérer étroitement pour la juguler. Sans toutefois
prendre pour le moment des décisions spectaculaires comme la suspension des vols vers le Mexique préconisée par la France. «Nous sommes inquiets, c'est vrai, mais nous pouvons contrôler la situation et ne pas paniquer», a conclu la commissaire européenne à la Santé, Androulla Vassiliou, à l'issue d'une réunion d'urgence des ministres européens chargés de la
santé. Une pandémie paraît désormais «très» probable, ce qui ne veut pas dire
qu'elle sera très meurtrière, a-t-elle ajouté, notant que la plupart des patients qui l'ont contractée ont bien réagi aux traitements disponibles.
* Un cas est dit probable après un test (PCR, technique d'amplification génique) positif, ou s'il présente un tableau sévère ou a été en contact étroit
avec un cas probable ou confirmé dans les 24 heures avant le début des signes. Il est «confirmé» après un test biologique établissant l'infection liée à un virus grippal de type H1N1 d'origine
porcine.
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