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Le blog de Authentiqua

Incroyable mais vrai : Plus de 13.000 tonnes de médicaments inutilisés récupérées en 2009

31 Décembre 2010 , Rédigé par Authentiqua Publié dans #Actualites

Quelque 13.275 tonnes de médicaments non utilisés ont été récupérés dans les pharmacies françaises et incinérés en 2009, presque 8% de plus qu'en 2008, a indiqué mercredi l'association Cyclamed.

Tous les médicaments collectés par le dispositif Cyclamed, mis en place en 1993 par l'industrie pharmaceutique, sont éliminés dans 52 incinérateurs sélectionnés, qui en tirent de l'énergie sous forme de chaleur et/ou d'électricité.

Depuis le 1er janvier 2009, les médicaments non utilisés ne peuvent plus être redistribués à des organisations humanitaires, même s'ils sont encore utilisables. Cette décision de l'Etat avait été prise à la suite de plaintes déposées en 2005, contre 21 pharmacies soupçonnées de fraudes.

Le président de Cyclamed, Thierry Moreau Defarges, a rappelé, lors d'une conférence de presse, que les médicaments inutilisés ne devaient pas être jetés à la poubelle ou dans les toilettes pour ne pas polluer le milieu naturel.

Leur récupération par les pharmaciens réduit également le risque d'accidents domestiques avec des médicaments, a-t-il souligné.

Rapporté au nombre d'habitants, le Limousin, la Picardie et la Champagne-Ardenne ont été les régions leaders pour la collecte de médicaments inutilisés en 2009.

La collecte des médicaments non utilisés est désormais une obligation pour les pharmacies. Sont récupérés, avec leurs différents emballages ou non, la plupart des substances médicamenteuses à usage humain (sirop, comprimés, pommades, sprays, suppositoires etc.).

En revanche, ne sont pas collectés notamment les emballages vides, les produits vétérinaires, les pansements, les produits de parapharmacie et les thermomètres.

Les trois quarts des Français déclarent déposer leurs médicaments non utilisés chez le pharmacien, plus ou moins fréquemment, selon une enquête Louis Harris/LH2, présentée par Cyclamed et portant sur un panel de 1.000 personnes de 18 ans et plus.


Pourquoi un tel gâchis de médicaments ? voici quelques éléments de réponses
L'irrationalité des prescriptions de médicaments en ville, déjà constatée: les médecins ne prescrivent pas toujours les médicaments les moins chers, voire même les plus efficaces.

Au total, sur seulement 5 classes de médicaments (14 % des prescriptions de ville) et à qualité de soins au moins équivalente, 1 milliard d'euros aurait pu être économisé de 2002 à 2006, soit 200 millions par an.


Concernant les antiagrégants plaquettaires, utilisés dans la prévention ou les suites d'un accident cardio-vasculaire, (459 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2006), la forte progression des dépenses de cette classe (+ 88 % de 2002 à 2006) est principalement le fait d'un médicament, le Plavix®. Or, dans un nombre de cas important, l'aspirine à faible dose - 27 fois moins chère - devrait être substituée au Plavix®.Par exemple, les autorités de santé ont constaté que, pour l'année 2002, la moitié des traitements au Plavix® relevait du mésusage.


A qualité de soin équivalente, c'est une économie de 350 millions d'euros qui aurait pu être réalisée sur la période 2002-2006, soit 70 millions d'euros par an.


Ce surcoûtvient s'ajouter aux 660 millions d'euros de gâchis constatés sur les prescriptions de ville de 2002 à 2006 (132 millions par an) dans le traitement de maladies telles que les reflux gastro-oesophagiens, l'arthrose et l'hypertension.


Ces résultats font écho au constat sans appel récemment dressé par la Cour des Comptes puis par l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS). Il apparait notamment que la prescription est trop largement influencée par l'industrie pharmaceutique et qu'elle oriente la prescription des médecins.


La pression de la visite médicale des laboratoires sur les médecins est ainsi plus élevée en France que dans les autres pays européens : on compte en France 1 visiteur médical pour 9 médecins libéraux, soit deux fois plus qu'en Angleterre ou en Allemagne et quatre fois plus qu'aux Pays-Bas. Le temps accordé aux visiteurs médicaux c'est du temps en moins pour les patients car il faut encaisser impérativement toutes 12 mn.   Les délégués médicaux ne donnent pas 23 euros, ils sont dispensés de payer,  alors les médecins traitants passent beaucoup plus rapidement les clients suivants qui se trouvent dans la salle d'attente pour rattraper le temps perdu (20 à 40 mn par entretien avec un visiteur médical). Certains patients ne resteront pas plus de 6 ou 7 mn dans le cabinet médical,  la durée de la consultation sera écourtée de moitié et payée au tarif normal, tarif plein pot. Un médecin spécialiste en médecine générale (médecin traitant) perçoit 2 euros par minute, 92 euros par heure, 322 euros par matinée (en moyenne). C'est 2 à 4 fois moins que certains autres spécialistes qui utilisent l'imagerie médicale.  Certains spécialistes gagnent plus de 1 000 euros par matinée. Ils brassent beaucoup d'argent, c'est un business !


L'UFC-Que Choisir estime inconcevable que le ministère de la Santé ne prenne pas la mesure de ces deux grands rapports publics et n'envisage pas une réforme profonde de la politique du médicament.


En effet, impossible dans notre pays de recevoir un traitement sans se retrouver avec des comprimés en rab', conduisant à fabriquer, accumuler, jeter et incinérer des tonnes de médicaments inutilement. La plupart de nos voisins européens l'ont bien compris, ne fournissant que le traitement nécessaire.

 

Rediffusion d'une note du 25/03/2010



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Armide 04/05/2010 18:17


J'ai vécu dans d'autres pays où les comprimés étaient distribués au détail dans des containers consignables. Moins de gaspillage et moins d'emballage, donc économie sur toute la ligne.
Qu'attendons-nous ?


Armide 04/05/2010 18:14


Le goût du lucre est responsable plus que les usagers du gâchis. Certains vont devoir en prendre de la graine.