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Le blog de Authentiqua

Résoudre un conflit sans violence

7 Novembre 2012 , Rédigé par Authentiqua Publié dans #Psychologie

 

Quand deux personnes se bloquent sur une divergence de point de vue, que cela empoisonne leurs relations et occasionne des heurts, nous parlons de « conflit ». Le terme s’applique chaque fois que deux parties, individus ou groupes, vivent un désaccord comme un rapport de forces. Limitons-nous au cas le plus courant : le conflit interpersonnel. Quand il survient en famille, au travail, à l’école, nous le percevons comme un épouvantail. Il fait naître en nous des sentiments d’hostilité, de haine, de peur, ainsi que de la souffrance. Pour chacun de nous, les extravertis comme les réservés, la situation conflictuelle est une rude épreuve. Au point que l’on est tenté de la contourner, en faisant semblant d’être content ou en arborant un sourire qui nous rend acceptable aux yeux des autres. Mais avons-nous la paix pour autant ?

En refusant d’extérioriser ce qui nous « tiraille », nous renonçons à nos désirs, nous optons pour une vie guidée par les convenances. Pire, nous risquons des déséquilibres, physiques et psychiques, en enterrant des émotions dans notre inconscient. D’où l’enjeu d’apprendre à traiter positivement les conflits. Notre bien-être, notre joie de vivre et de nous accomplir en dépendent. Pour mieux saisir les cas de conflits, voyons ce qui les motive.

Quand quelqu’un fait fi de nos envies, de nos intérêts, de nos valeurs, c’est comme s’il nous disait : « Tu n’es rien. » Qui peut accepter de compter pour rien ? La négation de notre besoin d’exister et d’être reconnu provoque en nous de l’agressivité. Notre incapacité à réagir nous met aussi en colère contre nous-mêmes.

Force dangereuse ou salutaire ? Tout dépend de la réponse que nous adoptons pour la canaliser : attaquer l’adversaire au risque de la violence, éviter le conflit en étouffant ses sentiments, établir un échange avec l’autre pour se faire comprendre… Seule cette dernière attitude s’avère constructive. Parce qu’elle oriente la poussée agressive vers l’affirmation de soi, dans le respect d’autrui. C’est quand nous devenons capables de satisfaire nos besoins – tout en tenant compte des autres –, que nous atteignons la maturité affective.
La communication non violente
Un outil pour acquérir de l’empathie
Pascale Molho, médecin, pratique la communication non violente (CNV) à l’hôpital. Une ambiance « électrique » règne dans ce service qui traite des maladies hémorragiques : depuis l’affaire du sang contaminé par le VIH, les patients hémophiles retiennent beaucoup de colère, tandis qu’une culpabilité latente pèse sur les soignants.
Pascale Molho reçoit en consultation un jeune homme de 23 ans, contaminé, qui lui demande un somnifère en plus de son traitement. Connaissant sa tendance à abuser de ce type de médicament, elle refuse. Furieux, le malade réplique : « Jusqu’à maintenant, tout ce que vous m’avez prescrit, c’est de la merde ! Alors, je ne vois pas pourquoi vous faites des manières, ma petite dame. » C’est à cet instant que s’applique le « réflexe » CNV.

Il consiste à contrôler son envie d’argumenter et à deviner ce que vit l’autre, ses sentiments et ses besoins. Enfin, il s’agit de formuler une réponse en miroir. Pascale Molho a répondu : « Vous êtes très en colère à cause de la contamination VIH. Vous avez besoin qu’on comprenne à quel point cela a détruit votre vie ? » Rien que le fait de se voir « reflété » – pas seulement au niveau des mots, mais avec le cœur – procure la sensation d’être compris, et donc un soulagement. La tension agressive est désamorcée, l’échange peut continuer.

Etre attentif aux sentiments d’autrui, pour s’harmoniser avec ce qu’il ressent, s’appelle avoir de l’empathie. La CNV se présente comme une voie pour acquérir cette attitude, non seulement vis-à-vis d’un autre, mais aussi pour soi-même. Sous l’angle de la progression personnelle, la méthode consiste à écouter son interlocuteur en se demandant : «Qu’est-ce que ses propos font naître en moi Si, à l’écoute de votre discours intérieur, vous piégez une pensée comme «Il est nul», ou si vous ressentez de l’irritation, dites-vous que vous êtes en train de juger, et que ces mouvements de colère vous rendent sourds à vos besoins. Pour sortir de cet état, commencez par vous taire, pour ne pas semer de violence supplémentaire, puis osez le « geste » clé : renoncez à votre habitude d’évaluer, pour sentir ce qui se passe en vous.
Avec courage et patience, car le changement ne se fait pas immédiatement… Vous saurez que le processus est en train de réussir quand vous observerez un lâcher-prise dans votre corps, accompagné de sentiments comme la tristesse, l’impuissance, la solitude, le découragement… Demandez-vous alors quel désir non assouvi vous fait éprouver cela. Quand vous l’aurez découvert, vous deviendrez capable de vous mobiliser pour le satisfaire.

La CNV a un symbole, la girafe, à cause de son cœur, le plus gros chez les mammifères. Son inventeur, le psychologue américain Marshall Rosenberg, vient régulièrement en France.
 
Avoir recours à un tiers modérateur
Son rôle ? Aider les adversaires à renouer le dialogue, à trouver eux-mêmes une solution à leur différend. Très à l’écoute, neutre, il donne la parole à chacune des parties. Il pose des questions, cherche des bases de négociation. Quand un accord est trouvé, il est formulé par écrit. La médiation est souvent proposée par une structure qui la finance – tribunal, mairie, école… –, mais elle peut faire suite à une démarche volontaire.
Pour qu’une médiation ait lieu, les deux parties doivent être prêtes à négocier. Si l’autre refuse, on peut aussi se faire conseiller sur la manière de présenter son besoin de dialogue à son « ennemi », afin qu’il vienne autour de la table. «Dans les conflits de famille, de travail, de voisinage, où les parties se côtoient, la médiation soigne les relations, conclut Jacqueline Morineau. Alors qu’une solution imposée par le tribunal crée un gagnant et un perdant.»

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capucine 15/05/2009 20:30

Article très intéressant!Les relations humaines sont le point crucial de la réussite de tout projet, que ce soit sur un plan personnel ou professionnel...Merci pour tes articles bien documentés!